Il est 9h30 quand j’arrive sur le parking de la centrale électrique de Pradières sur les hauteurs de Vicdessos en Ariège. Je sors rapidement mon sac, règle la longueur de mes bâtons, allume ma balise et fait le point sur la carte. Ce matin j’entame quatre ou cinq jours de rando jusqu’à Porté Puymorens. Enfin, si ma vieille carcasse accepte le challenge. Je n’ai pas beaucoup d’entraînement des suites d’un syndrome de Morton. L’un des nerfs de mon pied droit me lance parfois assez violement. Mais en ce moment je ne sens presque rien. On verra si ça dure...
Je grimpe doucement vers l’étang de la Goueille, sous le port de l’Abeille que j’envisage de franchir demain pour aller en Andorre.
Dans la montée je suis rapidement dépassé par deux gars d’une trentaine d’années. Je fais beaucoup d’efforts pour tenter de garder mon rythme plutôt que d’essayer de les suivre. De toutes manières, avec mon sac énorme, je ne peux pas rivaliser avec eux. Ensuite, je suis dépassé par un jeune couple également bien moins équipé que moi. Ils n’ont pas de mal à me distancer.
Je monte de plus en plus lentement mais mon rythme fini par se stabiliser. Je suis quand même bien plus lent que les temps annoncés pour arriver au refuge de Fourcat. Profite, m’a conseillé Aude au téléphone ce matin. Je fais de mon mieux...
Au barrage d’Izourt, je réprime l’envie d’aller discuter avec le Berger. Il est manifestement en famille. Autour du lac, il y a pas mal de pêcheurs.
J’ai beau être sur le GR10, la trace n’est pas toujours claire. Il est vrais qu’il y énormément de neige et, par voie de conséquences, pas mal d’eau en dehors des torrents. Je croise plusieurs couples de personnes âgées qui redescendent déjà du lac. J’échange quelques mots avec l’un d’eux. J’ai l’impression qu’ils font demi-tour mais ils ne me le confirment pas. Je comprendrai plus haut qu’il envisageaient d’aller au gîte de Mounicou par l’étang de Fourcat mais qu’ils ont probablement renoncé au vu de la quantité de neige. Je n’y passerais pas moi-même... trop raide cette neige.
Je croise les deux couples de ce matin qui redescendent alors que je n’ai pas encore atteint le petit étang Fourcat. Mais j’y suis presque! D’ailleurs le voilà! Bon sang, c’est à peine si l’on voit de l’eau tant il est encore gelé! Je le longe en traversant de larges névés. Plus je monte, plus il y en a.
Je débouche sur l’étant Fourcat. Il est tout aussi pris dans les glaces. Au refuge je m’arrête pour examiner l’abris hiver. Le gardien m’a confirmé la semaine dernière au téléphone qu’il n’ouvrira que fin juin. Je comprend pourquoi, il y a de la neige partout. J’hésite à m’arrêter là car mon pied me fait à nouveau mal. Mais je décide de pousser jusqu’à l’étang de la Goueille qui n’est qu’à une heure de marche avec peu de dénivelé positif. Je traverse une grande étendue de neige qui fini en névé vertigineux. Trop raide pour le franchir même avec mes crampons. La neige est très molle. Je cherche une alternative mais tout est trop raide. C’est rageant, il n’y a qu’une grosse cinquantaine de mètres à descendre. Le pire c’est que c’était la meilleure route envisageable vers Andorre. Je suis bon pour revenir par où je suis arrivé.
Je finis par faire demi-tour mais j’évite le refuge. Je trouve un endroit à peu près plat devant l’étang Fourcat. Je monte la tente et je m’installe pour un repas chaud et exotique. Il faut que je soigne les deux énormes ampoules que mes nouvelles chaussures ont causé à mes talons.
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| Pradières d'en haut |
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| Etang d'Izourt |
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| Petit étang Fourcat |
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| Petit étang Fourcat depuis le refuge de Fourcat |
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| Refuge de Fourcat |
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| Etang Fourcat |