samedi 23 août 2014

Refuge de Coronas – Refuge de Conangles

Le soleil illumine l’intérieur du refuge. Il est juste 7h.
Je sors de mon sac de couchage rapidement imité par Marcel. Celui-ci passe le nez dehors et nous confirme en chantant à tue-tête: « It’s a beautifull day! »  Je lance : « This guy is crazy! » ce qui déclenche l’hilarité des trois autres.
Le petit déjeuner avalé nous partons chacun à notre tour. Marcel sera le dernier.
Dans la montée vers le col de Vallibierna (2732m) je dépasse le randonneur qui dormait à l’extérieur. Je me rends compte qu’il parle français. Il s’appelle Thibault et vient de Nantes. Il m’explique qu’il est sur la HRP et qu’il va vers Vielha pour récupérer le ravitaillement qu’il s’est envoyé en poste restante.  On est samedi, il va devoir attendre jusqu’à lundi l’ouverture du bureau. Je lui dis que dans la vallée il n’y a que deux bus par jour et que le dernier passe vers 17h. Je lui propose de le déposer en voiture si nous nous croisons en bas. En attendant, je me sens en forme donc je prends de l’avance.
Le temps est limpide dans la vallée de Vallibierna. Sur ma gauche, j’aperçois enfin l’Aneto (3404m), le sommet des Pyrenées. Il ne semble pas que le versant sud comporte encore des glaciers. Par contre, il y a beaucoup de névés. Il a l’air si proche et facile d’accès. Je ne vois pas le fameux pas de Mahomet, l’arrête étroite qui permet d’accéder au sommet. Elle doit se trouver du côté nord.
Au lac supérieur de Vallibierna je fais une pose avec Thibault. Tout en se roulant une cigarette, Il me raconte ses 22 premiers jours de marche. Il vient juste de passer la moitié. Il terminera un peu avant la mi-septembre.
Nous entamons les 300 derniers mètres d’ascension au milieu d’un dédale de rochers de grosse taille. C’est assez chaotique et physique, d’autant que certains passages nécessitent un peu d’escalade. Finalement, nous débouchons au col. La vue vers l’est du parc Posets-Maladetta est prodigieuse. Au sud, une mer de nuage masque les paysages espagnols. Face à nous s’étend l’estany Cap de Llauset.
Je me lance dans la descente, contourne le lac et remonte vers le collada de los Ibones, 250 mètres plus haut. A nouveau, la vue est époustouflante. A mes pieds se déroule un chapelet de lacs dans la vallée d’Anglios. Au loin, j’aperçois la cabane du même nom entre les deux derniers lacs.
Dans la descente, j’entends des voix provenant de la falaise sur ma droite. Je ne vois personne mais j’imagine qu’il s’agit de grimpeurs dans la paroi.
A la cabane je m’arrête pour déjeuner. Marcel me rejoint. Nous discutons un peu. Thibault nous dépasse. Il a un rythme particulier. Il s’arrête toutes les deux heures. Manifestement, les deux heures ne sont pas encore atteintes.
Cette cabane est toute en bois. Elle est très confortable et en bon état. Ce doit être un endroit magique durant l’hiver.
Marcel commence la dernière descente. Je le suis peu après. Le chemin est franchement inconfortable. Je maudis le gars qui l’a tracé sans tenir compte des accidents de terrain ou de la végétation. A croire que cela a été fait à la machette! Je croise quelques courageux dont des enfants qui le font dans le sens de la montée. Je les admire.
Finalement, je débouche sur la route face au lac de Baserca. J’appelle Eric qui vient me chercher avec la voiture. Il est sur place depuis hier soir. Il a pris un taxi depuis Benasque et a passé la nuit dans le refuge de Conangles.
Nous allons jusqu’à la cache ou j’ai laissé mon ravitaillement il y a trois ans. Il nous faut quelques minutes pour retrouver l’arbre au pied duquel j’ai enterré le sac. Finalement nous retrouvons juste quelques lambeaux de plastique et la cartouche de gaz vide. Tout a été éventré. Manifestement, il n’est pas passé inaperçu. Pourtant, tout était sous des cailloux qui sont toujours en place. J’imagine que ce sont des rongeurs qui s’en sont donné à cœur joie. Nous ramassons tous les débris que nous trouvons et repartons. En chemin, nous croisons Thibault que nous embarquons. Il nous offre une bière à Vielha. Nous le déposons à un camping puis retournons vers la vallée du Rioumajou récupérer le second véhicule.

C’est terminé pour cette année. J’espère pouvoir clôturer les derniers kilomètres de traversée restant très prochainement.


Le refuge de Coronas

La montée vers le col de Vallibierna

A droite l'Aneto
La vue vers l'est depuis le col de Vallibierna

Thibault dans la descente vers l'estany de cap de Llauset

L'estany de cap de Llauset

La vallée d'Anglios

La cabane d'Anglios





vendredi 22 août 2014

Cabane de Añes Cruzes – Refugio de Coronas (Pescadores)

 Cette nuit fut particulièrement agitée. Il a plu presque sans discontinuer depuis environ 23h. Autant dire que nous n’avons pas beaucoup dormi.
A 7h il fait heureusement plus calme. Je sors de la tente dans les nuages mais sans la pluie. Nous déjeunons au calme. Tous nos compagnons de route dorment encore sauf notre amie catalane qui s’agite dans sa tente. Nous levons le camp alors qu’elle embarque ses affaires.
Nous passons deux ponts de bois qui enjambent les deux barrancos au carrefour des vallées de Añes Cruzes et de Chistau. C’est ici que nous empruntons l’itinéraire sud de la HRP par le parc naturel Posets-Maladetta. En passant par le nord nous repasserions en France pour un parcours nettement plus acrobatique et plus haut au long des refuges de la Soula et de Jean Arlaud. Je préfère éviter d’autant que je ne connais pas les conditions d’enneigement et que nous ne sommes pas très équipés.
L’ascension vers le col de Chistau est assez aérienne au début mais nous prenons rapidement de l’altitude. L’endroit est plutôt glissant avec la pluie de la nuit. Il faut redoubler de prudence. Les 500 mètres sont assez vite avalés. Au col, nous croisons des espagnols qui viennent du refuge d’Estos. Nous faisons quelques photos mais nous ne trainons pas. Il ne fait pas chaud.
Dans la descente c’est la pluie qui s’invite. Elle va nous arroser jusqu’en bas. La vallée d’Estos est très longue et le dénivelé assez imposant : 1350m. A mi-chemin nous faisons halte au refuge d’Estos. Nous en profitons pour prendre un thé avec notre amie catalane tout en nous séchant un peu.
Sur les cartes du refuge je montre à Eric la partie à parcourir demain. Il me dit qu’il ne pense pas être capable de tenir le dénivelé et la distance. Il préfère passer par la vallée et la route. Ca me fait un coup au moral mais je comprends bien qu’il est sans doute plus prudent de faire comme cela. Le parcours sera très accidenté avec deux cols empierrés et une très longue descente. J’ai mal de tête mais je ne trouve rien pour le calmer.
Finalement, nous continuons notre descente vers le camping Aneto juste au dessus de Benasque. Arrivés là nous faisons le point. Il y a une navette qui peut nous conduire jusqu’au refugio de Coronas. Mais Eric préfère rester sur son idée de passer par la vallée. Je continue donc seul en profitant de la navette afin d’arriver avant 20h et de pouvoir récupérer de la nuit dernière. 10,10€ pour 7km! C’est plutôt pas bon marché mais je rattrape le temps perdu et j’évite 560m d’ascension.
Au refuge, je retrouve Marcel, le catalan du premier jour qui nous a aussi dépassé ce matin. Il se moque de moi parce que je suis venu en véhicule plutôt qu’à pied. Je ne suis pas seul, trois jeunes aragonnais étaient aussi dans le bus. Il est vrai qu’eux ne font pas la traversée des Pyrenées. Un sixième homme est assis à l’entrée du bâtiment. Il va s’installer à l’écart pour dormir dehors sous sa toile de tente. Vu la proximité avec le torrent je trouve qu’il est courageux.
Nous mangeons chacun notre tambouille et nous échangeons quelques informations devant le feu ouvert. L’un des jeunes espagnols est originaire de Benasque et parle assez bien français. Il me confirme que la journée de demain sera belle.
L’exubérant Marcel se met au lit à 20h30 après de longs étirements et je fais pareil. Les trois jeunes discutent à l’extérieur. La nuit va être bonne!


Le ciel plombé au sortir de la tente

Le col de Chistau

Notre amie catalane

Eric sur les derniers mètres

Vue du col en direction d'Estos

Un joli pierrier

La pluie commence à tomber en descendant du col

L'équipement anti-pluie est de rigueur

La vallée d'Estos peu avant le refuge






jeudi 21 août 2014

Hospice du Rioumajou – cabane de Añes Cruzes

 Ce satané groupe s’est remis en marche au milieu de la nuit! Heureusement pour nous pas plus de deux heures. Nous émergeons donc pas trop mal reposés vers 7h.
Le temps est limpide et il n’y a pas trop de nuages. Ca change d’hier soir.
Après un petit-déjeuner rapide nous prenons la direction du Port d’Ourdissétou à cheval sur la frontière. La montée est longue, pas loin de 900 mètres d’ascension. Malgré le temps frais nous transpirons rapidement. Eric monte d’un pas économe et je suis moins raisonnable que lui. Nous nous élevons rapidement au-dessus des sapins. La vue vers le fond de la vallée du Rioumajou est somptueuse. Une mer de nuages recouvre la vallée de Saint-Lary.
En approchant du col, nous croisons vaches et brebis. Le ciel se couvre et il commence à pleuvoir un peu. Cela ne durera pas.
Nous atteignons la frontière et basculons en Espagne pour ne plus en sortir jusqu’à la fin de ce petit périple. Les nuages sont descendus et nous masquent tous les sommets environnant. Nous apercevons néanmoins la vallée de Parzan sur la droite, le refuge d’Urdiceto devant le barrage un peu au dessus de nous sur le versant opposé et le col d’Urdiceto sur la gauche. Nous descendons de quelques dizaines de mètres pour rejoindre la piste et le GR11 sur lequel montent déjà plusieurs randonneurs. Nous les rejoignons au col mais nous ne nous arrêtons pas. Nous passons devant la cabane d’Urdiceto, y jettons un coup d’œil rapide et entamons la descente vers le refuge de Viados. Le temps commence à s’éclaircir. Nous avons même droit à du soleil lorsque nous nous arrêtons à la cabane de Sallena (ou cabane aux épinards sauvages) pour manger. Une jeune catalane vient nous saluer, suivie peu après par un autre catalan très exubérant.
Nous continuons la descente bien vite rejoints par trois jeunes français qui nous demandent la direction du refuge. Ils marchent en avant de leurs parents et sont censés les attendre toutes les heures mais ils n’ont pas de cartes avec eux. Je pense en mon fort intérieur que le GR11 est pourtant parfaitement balisé et qu’il est difficile de se perdre.
Ils partent en avant de nous mais s’arrêtent un peu plus loin hésitant à nouveau. Ils finissent par nous suivre et nous dépasserons lorsque nous arriverons au camping de l’hospital de Gistian. Nous poussons jusqu’au refuge de Viados pour faire le plein d’eau. Eric se prend un thé. A l’entrée du refuge se trouve le catalan de ce midi en pleine séance d’étirements. Les trois jeunes français arrivent avec leurs parents.
J’insiste pour continuer jusqu’à la cabane d’Añes Cruzes 6km plus loin et environ 350m plus haut afin de réduire la longueur de l’étape de demain. Je sais que cette cabane permet d’accueillir 4 personnes.  Nous ne devrions pas avoir de mal à y trouver de la place. Eric est fatigué mais encore enthousiaste. Il se laisse convaincre.
Durant la montée il souffre pas mal. A deux kilomètres de distance je vois au moins 4 personnes devant la cabane. Voilà qui va compliquer les choses!
Effectivement, six scouts espagnols nous attendent et nous seront suivi de la jeune catalane de ce midi puis d’une autre jeune femme. En plus, une septième personne dort déjà dans la cabane. Bref, nous montons notre tente comme d’ailleurs la jeune catalane. Celle-ci parle très bien français et nous explique qu’elle fait la traversée complète sur le GR11. Elle nous raconte son expérience pendant que nous cuisinons nos frichtis sur le côté de la cabane.
Nous nous mettons au lit rapidement car le temps est assez frais. Nous sommes à 2080m.


Le col d'Ourdissétou au fond de la vallée

Le col d'Ourdissétou


La vallée de Saint-Lary sous les nuages


La cabane d'Añes Cruzes

La vallée de Viados



mercredi 20 août 2014

Vallée du Rioumajou

Il est près de 18h30 quand je remonte la vallée du Rioumajou en compagnie d’Eric.
Nous venons faire 3 étapes de HRP en ce mois d’août plutôt pluvieux. L’idée est de terminer à l’espitau de Vielha où nous avons laissé une voiture.
Je ne partirais donc pas exactement de l’endroit où je me suis arrêté il y a 2 ans mais la distance sera la même et nous rejoindrons rapidement la HRP qui va d’ailleurs se confondre avec le GR11 pendant ces quelques jours de marche.
Après 4 km nous atteignons l’hospice du Rioumajou où nous pensons planter la tente. Un berger qui occupe le bâtiment nous apprend que la salle qui sert de refuge durant l’hiver est ouverte. Au vu de la pluie fine qui tombe sans discontinuer nous tentons le coup. L’endroit est assez spacieux mais sans aucun aménagement si ce n’est une table et deux bancs rustiques sous un auvent. A l’intérieur le sol en béton est parfaitement sec et propre. Cela fera l’affaire. Seul inconvénient, un énorme groupe électrogène ronronne bruyamment à quelques mètres. Il doit alimenter les frigos du bar situé juste sous notre salle. Espérons qu’il s’arrêtera pour la nuit.

Nous cassons la croûte à l’abri de la pluie. Ensuite, nous sortons le couchage et nous nous installons pour dormir. Quelques minutes plus tard le groupe électrogène s’arrête. Merveilleux!


L'hospice du Rioumajou