mercredi 27 juillet 2011

Las Illas - Le Perthus

J'ai règlé mon réveil sur 6h30 et bien sûr je suis debout avant. Le couple de Finlandais est encore plus matinal que moi. Les autres randonneurs du gîte, arrivés plus tard, dorment encore.
Je pars le premier et je ne serai pas rattrapé. Il faut dire que je ne m'arrête presque plus. Juste quelques secondes de temps en temps pour apprécier le paysage.
Mes vêtements et mes chaussures sont encore franchement humides mais le soleil commence à filtrer au travers des nuages et le vent se lève. Je devrais sécher rapidement.
En suivant le GR10 je traverse une grande propriété où gambadent pas mal d'animaux dont de très belles chèvres.
Je passe un dernier col et j'entame une longue descente vers le Perthus. En chemin, je croise un randonneur qui part vers Andorre. Il a quitté Banyuls avant-hier. Je lui explique d'où je suis parti mais ça ne l'impressionne pas. Il a rencontré hier un portugais qui finissais le GR11 en 25 jours. Bon, j'ai encore des progrès à faire. On rigole et on part chacun de notre coté.
Je passe devant des ruines romaines puis devant le fort du Perthus. Il est 11h30 et j'entre en ville. Il y a un monde fou! Je traverse et remonte vers l'autoroute. Je cherche l'entrée du parking de la douane où j'ai rendez-vous avec Eric. Je finis par trouver. Les douaniers me regardent passer sans poser de questions.
15 minutes plus tard j'embarque dans la voiture. C'est la fin de l'aventure mais pour cette année seulement. Il me reste deux semaines de marche à effectuer au cœur des Pyrénées et j'ai bien l'intention de les faire dans les années à venir.


mardi 26 juillet 2011

Amélie-les-bains - Las Illas

Il est 8h lorsque je descend prendre mon petit déjeuner. Les curistes de l'hôtel ont déjà déserté la salle à manger. Je suppose qu'ils doivent commencer leurs journées assez tôt.
Je prend mon temps pour mettre de l'ordre dans mes affaires. La montée va être longue et je veux que mon sac soit bien equlibré.
Le patron de l'hôtel m'annonce de la pluie pour l'après-midi. A voir le plafond je crains que ce ne soit pour bien plus tôt.
Je me dirige vers le sentier qui quitte la ville quand une dame m'apostrophe: "bon courage!"
C'est la patronne du restaurant d'hier soir. Je la remercie et commence l'ascension.
Le chemin qui monte vers le Roc de France est beaucoup plus beau que celui que j'ai descendu hier. La vue sur Amélie-les-bains est splendide. Plus je grimpe et plus la rumeur de la ville s'amenuise. La pente est forte mais ce sont les insectes qui m'ennuient le plus. Je transpire beaucoup dans cette moiteur et cela les attire.
J'avale les premiers 600m sans aucun problème. Les nuages commencent à boucher la vue dans toutes les directions puis la pluie se met à tomber. Je monte encore 600m et je me retrouve dans la purée de poids.
Au pied du Roc de France je tombe sur le GR10. Il longe la crête en contre-bas alors que la HRP l'emprunte. Dans ces conditions de visibilité nulle je ne vois pas l'intérêt de monter là-haut. J'évite 100m d'ascension.
Je rencontre quelques randonneurs venant d'Espagne. Sur le GR10 il y a bien plus de monde.
Au Coll del Pou de la Neu j'entre en Espagne. Je commence la descente en même temps que des trombes d'eau s'abattent sur moi. Je presse le pas. Je n'ai pas envie de me refroidir.
La douche dure jusqu'à la frontière française une petite heure plus tard. Là, je rencontre un couple de belges venus de Bruxelles. On papote 10 minutes à cheval sur la frontière. Ils suivent le GR10 durant 10 jours depuis la mer jusqu'au pied du Canigou. Ça m'a l'air court comme trajet pour autant de temps. Il m'expliquent qu'ils sont assez lents.
Je descend vers Las Illas et la pluie reprend de plus belle. Je commençait juste à sécher. Je suis dégouté. Je n'irai pas jusqu'au Perthus aujourd'hui. Je me dirige vers le gîte afin de passer une nuit au sec. A l'intérieur, des randonneurs finlandais sont occupés à prendre une collation. Ils m'expliquent qu'ils font la HRP depuis Andorre jusqu'à Banyuls. Nous échangeons nos expériences.
Ce soir, je vais me mettre au lit assez tôt car demain j'ai rendez-vous avec Eric au Perthus à 11h. Je profite de sa voiture pour rentrer en Belgique. Je ne ferai pas la toute dernière étape du Perthus à Banyuls mais je n'ai pas de regrets. Le temps est vraiment pourri et ça n'a pas l'air de vouloir s'arranger.

Amélie-les-bains

lundi 25 juillet 2011

Abri Pinatell - Amélie-les-bains

Il a plu durant la nuit et ce matin le ciel est bouché. Je ne suis pas pressé de partir. L'endroit est vraiment confortable et Amélie-les-bains n'est qu'à 6h de marche. J'en profite pour mettre de l'ordre dans mes affaires. Hier soir, j'ai pu faire sécher ma tente. Vu que j'étais le seul occupant de l'abri, personne ne s'est plaint.
Je fini par décoller vers 10h.
Un peu plus de 300m pour atteindre le col de la Cirère. Je croise quelques randonneurs qui font le tour du Canigou. Ils viennent du gîte de Batère, étape normale de la HRP. Au col un troupeau de brebis paisse tranquillement sous la surveillance d'un patou. Il commence à s'approcher de moi pour voir ce que je fabrique. Je ne l'attend pas pour engager la conversation et je descend en direction du gîte de Batère. Des nuage masquent la vue vers le Canigou mais aussi vers la vallée du Tech. Quelques sommets espagnols sont visibles au loin.
Je passe devant le gîte et résiste à l'envie de m'arrêter pour y manger. J'aurais tout le temps pour ça ce soir à Amélie.
A la tour de Batère, 3km plus loin, je commence mon pique-nique quand une petite famille débarque. À l'accent je reconnais des liégeois. J'engage la conversation. J'aimerais savoir si la Belgique a un gouvernement. Le papa m'explique les derniers détails des négociations. La pluie vient interrompre la conversation. Je m'équipe pendant qu'ils regagnent précipitamment leur voiture.
Je descend vers Amélie-les-bains. Le chemin est sans intérêt. Je suis presque sans discontinuer une piste forestière utilisée par les pompiers en cas d'incendie. La vue est bouchée de tous côtés et la pluie tombe par intermittence. Ça y est j'ai les pieds trempés.
Je termine dans un sentier assez raide et étroit qui n'est pas plus intéressant que la piste. La haute montagne est clairement derrière moi. Si les étapes suivantes ne présentent pas plus d'intérêt je vais sérieusement m'ennuyer.
Je débouche en plein milieu d'un quartier residentiel. Je remet un peu d'ordre dans ma tenue et j'entre en ville. Il y a des hôtels à foison. Plus curieux est le nombre de studios à louer. Manifestement les curistes sont la vache à lait de cette petite ville.
J'avise un petit hôtel modeste mais situé au bord de l'eau. Pas de problème pour avoir une chambre, l'hôtel n'est pas complet.
Je fais un peu de lessive et de nettoyage puis je sors pour explorer la ville. L'endroit n'est pas très beau car on a beaucoup construit d'immeubles bon marché pour acceuillir les curistes.
J'entre dans un restaurant. L'ambiance est bruyante mais chaleureuse. Des habitués (curistes) s'apostrophent d'une table à l'autre. La patronne est au four et au moulin. On me demande si je suis en cure. J'explique que ma cure est d'un autre genre et qu'elle m'a fait perdre pas mal de poids. La patronne, belge (c'est la journée), semble incrédule.
Je rentre à l'hôtel pour un nuit que j'espère excellente.

La tour de Batère

Amélie-les-bains

A gauche les thermes

dimanche 24 juillet 2011

Porteille de Rotja - abri Pinatell

La nuit fut mauvaise dans cet abri métallique. Le vent a souflé avec force. Mon sac de couchage humide ne m'a pas aussi bien protégé du froid qu'il l'aurait pu. Au réveil, un grand soleil illumine l'intérieur de l'abri. Je suis sur un col. Du coté est, une mer de nuage s'étend jusqu'au massif suivant que je présume être en Espagne. A l'ouest j'aperçois une vallée peuplée de chevaux.
Il fait toujours glacial. Je déjeune rapidement et je lève le camp. Je n'ai pas encore décidé de mon parcours du jour mais j'aimerais passer le Canigou. Ça commence facilement par un chemin de crête jusqu'au refuge du Pla de Guilem. Il est en pente douce presque tout le temps. J'avance bien. Deux randonneurs catalans, les premiers humains que je rencontre depuis un peu moins d'une journée, me recommandent d'être prudent car un Patou autoritaire garde efficacement son troupeau un peu plus loin. Je fais un détour et je n'aperçois même pas le troupeau.
Plus bas je tombe sur le berger en grande conversation avec des randonneurs accompagnés de deux ânes. Il leur explique notamment les mesures à prendre pour éviter de fâcher son Patou.
Je descend jusqu'au refuge des Mariailles pour demander des conseils sur l'itinéraire à suivre pour franchir le Canigou sans perdre trop de temps. Le gardien me sert une assiette de charcuteries et fromages puis me donne tout un tas de variantes mais me déconseille l'itinéraire des crêtes mentionné par Véron avec un tel vent. J'opte pour passer par le sommet qui se trouve au sud du Canigou légèrement en contre-bas puis descendre pleine pente à l'est et obliquer quelques centaines de mètres plus loin afin de rejoindre le GR10.
Mon assiette terminée, je grimpe à toute vitesse jusqu'au refuge d'Arego. Je ralenti le rythme afin de ne pas m'essoufler dans la pente qui se fait plus forte. J'attaque l'itinéraire bis. Chouette, il est bien balisé au début. Je passe un col et j'aperçois le mer. Je hurle de joie "la mer, la mer, la mer". J'atteins le sommet mais je ne vois presque pas le Canigou, pourtant tout près, tant il y a des nuages. A regret, je quitte le balisage et pique au sud-est. La descente est très forte et il n'y a aucune traces de passages. Ça aurait certainement plu à Georges Véron. Des Izards peu habitués à voir quelqu'un passer par là me regardent interdits avant de détaler à toute allure.
J'arrive enfin en bas. Près de 1000m d'ascension et au moins autant en descente mais l'après-midi n'est pas finie. Je dois encore longer les flancs du Canigou pendant 4km pour rejoindre l'abri Pinatell. Mes jambes et mes pieds commencent à me faire comprendre qu'ils n'en peuvent plus. Je tangue sur un chemin étroit mais heureusement assez plat.
L'abri apparait derrière un tournant. Il est tout neuf et tout en bois. C'est une vraie merveille. Il y a même un petit barbecue et une table extérieure. C'est certainement le plus bel abri que j'ai vu depuis le début de ma traversée. Je fais une rapide toilette puis passe à table. Que du bonheur cet endroit.
Cette journée est certainement l'une des plus longue en nombre de kilomètres parcourus.

La mer de nuage devant l'abri

L'abri du Porteille de Rotja
Le massif du Canigou

La vue en direction du massif du Carlit (à droite au loin)

Sur les flancs du Canigou, la vue vers la mer et Perpignan


Le Canigou dans une demi éclaircie

1000m plus bas, vue vers la méditerranée
L'abri du Pinatell ***







Perpignan vu depuis la fenêtre de l'abri vers 23h





samedi 23 juillet 2011

Pla de la Beguda - Porteille de Rotja

Il est 7h lorsque j'émmerge de la tente. Il fait glacial mais le ciel est tout bleu. Pas un nuage. Eric a un peu de mal à sortir de son sac de couchage. Il est fatigué et tout courbaturé.
En préparant le petit-déjeuner je ne vois pas passer derrière moi un troupeau d'izards. Eric me le signale. Je compte plus de 50 individus. C'est incroyable. Notre présence ne semble pas les déranger.
Vers 8h, nous partons à l'assaut du col d'Eyne puis de la crête qui fait le partage entre la France et l'Espagne. Il y a un vent fort et très froid. Ça promet si je dois tenir dans ces conditions toute la journée.
Au pic de Nou Font, Eric me quitte. C'était prévu. Il redescend par le même chemin pour récupérer sa voiture et retourner à Tosa pour quelques jours. Il a bien mérité de se reposer.
Je poursuis sur le chemin de crêtes. Un espagnol me demande si il est bien là où il croit être. Je lui demande pourquoi. Il m'explique qu'il est contrôleur pour une course trail qui a lieu en ce moment. 130km en haute montagne. Rien que ça. Quelques minutes plus tard, je croise le premier, dossard 15. Il passe avec un belle foulée et sans donner l'impression d'être fatigué. Il court pourtant depuis pas mal de temp. Je suis impressionné. Le suivant est à plus de 5min et les autres sont bien plus loin.
Je descend vers le refuge Ul de Ter en Espagne. Les nuages envahissent tout. Je ne vois plus à 30m. La température redescend d'un coup. Je passe devant le refuge puis la station de ski un peu plus bas. Je n'ai pas l'intention de m'arrêter à 16h alors, je continue. Je remonte la crête vers l'abri du Porteille de Rotja. En chemin, je croise nombre d'Izards. Dans le brouillard et contre le vent ils ne me détectent qu'à quelques mètres puis décampent à toute allure.
J'atteins l'abri vers 18h30. Il est tout en métal et dans un état déplorable. Je monterais bien ma tente mais il n'y a que des cailloux par ici. Je sens que je vais avoir froid cette nuit.


La vallée d'Eyne

Eric en tête

Vue sur le massif du Carlit depuis le Coll de Nùria

Le 3ème coureur

La ligne de crête plein est

A cheval sur la frontière

La vue vers la France

La vue vers l'Espagne

vendredi 22 juillet 2011

Estany Negre - Pla de la Beguda

La nuit dernière fut très calme. Au matin les nuages étaient toujours présents au dessus de L'étang. Nous nous sommes réveillés peu avant 8h. Le planning ne sera certainement pas respecté mais il est de toute manière bien trop ambitieux en cumulant 2 étapes telles que décrites par Véron.
Un bon thé et un bon café plus tard nous nous mettons en route. Il est 9h40. C'est pas gagné!
Nous prenons le GR10 puis une piste forestière pour gagner le village de Bolquère. Nous marchons à la manière nordique en poussant fort sur les bâtons. Ça fonce!
A Bolquère nous faisons un détour chez le boucher-charcutier-alimentation afin d'acheter quelques provisions. Eric est très intéressé par un repas à l'ancienne auberge. Pas de chance, on ne veut pas nous servir. Pourtant, il reste de la place dans la salle et il n'est même pas 13h. Bande de...
Nous nous remettons en route en direction de Eyne. La HRP suit ici la route départementale. C'est pas très exitant mais ça avance bien.
A Eyne un bistrot de pays nous semble bien attirant. Nous faisons halte pour manger une bonne salade fromagère et pour nous réhydrater.
Ensuite, nous montons la vallée d'Eyne en suivant quelques familles qui empruntent le parcours d'exploration de la réserve naturelle.
Eric commence à fatiguer. Le rythme ralenti. Je suggère de s'arrêter sous le col afin de n'avoir que quelques centaines de mètres à escalader avant de suivre le chemin de crêtes jusqu'au refuge d'Ull de ter. Eric pense lui redescendre bien avant ce point afin de rejoindre le train jaune et, de là, sa voiture. Je continuerai seul en direction de Banyuls.
Nous plantons la tente vers 2300m et faisons une rapide toilette. La température tombe vite. Nous nous mettons sous la tente sans trop trainer.

La vallée d'Eyne

Bivouac au bord de l'eau



Eric se réchauffe dans son sac de couchage


jeudi 21 juillet 2011

Maisons des ingénieurs - Estany Negre

Réveil à 7h ce matin mais je ne parviens pas décoller de mon lit. La vue par la fenêtre sur les splendeurs de la montagne finira par avoir raison de moi. Je sors pour jetter un oeil. Des nuages éparses s'accrochent aux sommets. Le soleil commence à embraser les plus hautes cîmes. La journée semble s'annoncer plus belle que prévu.
Nous déjeunons en prenant tout notre temps, Eric surtout. Le confort de la cabane n'incite pas à la précipitation.
Vers 8h, nous quittons la Maison des ingénieurs. L'approche vers le pied du Puig Carlit ne prend pas plus d'une heure. En chemin, nous croisons une quinzaine de cervidés. Les plus jeunes à l'arrière du groupe.
Bien qu'il nous domine de près de 500m, le sommet ne nous semble pas très loin. Pour être passé par là à deux reprises, je sais que le couloir est raide et glissant mais sans difficultés majeures. Nous prenons le rythme dans le couloir d'éboulis. La température est basse. Un vent glacial nous souffle dans le dos. Polaire et coupe-vent deviennent nécessaires.
Nous débouchons à l'ouest du sommet peu avant 11h. Quelques randonneurs arrivés par la voie est sont déjà présents. La vue est partiellement bouchée. Les nuages s'accumulent depuis ce matin. Nous prenons le temps de préparer et déguster un thé.
Dans la descente nous croisons beaucoup de courageux partis tôt pour faire l'ascension du plus haut sommet du massif. Petite halte pour se restaurer et vérifier l'état de nos pieds aprés ces péripécies dans nos chaussures toutes neuves.
Nous atteignons le barrage des Bouillouses vers 16h. Une halte au bar pour se désaltérer et nous piquons vers l'Estany Negre, deux kilomètres plus loin. L'endroit est entouré de pins. Une petite presqu'île nous semble tout indiqué pour planter la tente. Il fait assez froid. Nous ne devrions pas être ennuyés par les moustiques. Des nuages rampent à la surface de l'eau. L'ambiance commence à ressembler à celle d'un film de John Carpenter.

Au pied du couloir d'ascension

Eric dans le couloir d'éboulis

La pente se fait plus forte

Un petit passage aérien juste avant le sommet

La vue depuis le sommet

Le Puig Carlit dans la descente

Eric en pleine séance de méditation






mercredi 20 juillet 2011

Porté Puymorens - Maison des ingénieurs

Aprés un détour de quelques heures par la Costa Brava et une nuit à Tosa de Mare. Me voici de retour dans les Pyrénées en compagnie d'Eric.
Nous montons en voiture la nationale qui va de Perpignan vers Andorre. Objectif: la Cerdagne et en particulier le massif du Carlit. J'ai l'intention de suivre la variante HRP qui passe par le sommet du pic Carlit (2921m).
Nous nous arrêtons à Font Romeu pour nous renseigner sur les transports en commun qui permettront à Eric de rejoindre sa voiture lorsqu'il arrêtera de marcher. Et ça tombe bien, notre parcours suit plus ou moins celui du train jaune, le train touristique qui va de Perpignan à la frontière Andorrane. Nous garons la voiture à la gare de Latour de Carol, le terminus de la ligne, et poursuivons en bus jusqu'au joli petit village de Porté Puymorens.
L'ascension commence gentiment par le GR7, tour du Carlit, vers l'étang de Lanoux où nous sommes déjà passé il y a plus de 20 ans avec nos scouts. L'idée est de camper au pied du Carlit afin d'en faire l'ascension assez tôt le lendemain si le temps le permet. Eric avance pas mal, il s'adapte très bien à ses bâtons de randonnée tout neufs.
En chemin, je me rappelle de l'existence d'une cabane à proximité du barrage de l'étang de Lannoux. Mon GPS me détaille la "Maison des ingénieurs", 12 lits, tables et tabourets. J'en parle à Eric et nous décidons d'y jeter un œil. Sur place nous découvrons un bâtiment très spacieux. Il est occupé par une bonne dizaine d'enfants et trois adultes. L'un d'eux nous apprend qu'il s'agit d'un refuge privé appartenant aux anciens d'EDF mais qu'une petite partie est effectivement réservée aux randonneurs. Nous nous installons et mangeons sur une vraie table. Notre abri est entièrement couvert de grafitis. Étrange mais pas inconfortable.
Eric discute avec Fabien, l'homme qui nous accueilli. Il est du coin et a fait deux fois la HRP et dans les deux sens. Il nous raconte pas mal de petites choses sur les environs puis nous apprend qu'il y aurait à nouveau des loups dans le massif du Carlit. Ils seraient descendus du Mercantour. On se prend à rêver de pouvoir les rencontrer...
Il fait froid et on fini par se mettre au lit malgré la bonne flambée devant la cabane. Il est à peine 21h. Une belle journée même si nous n'avons marché que trois ou quatre heures.



Le GR7 et au fond Porté Puymorens

La Maisons des Ingénieurs

Un ingénieur


samedi 16 juillet 2011

Gavarnie

Voilà, j'ai décidé d'interrompre mon périple. Mais pas définitivement. Je vais juste faire un break de 4 jours en Périgord. Ça permettra à Eric de me prendre au passage afin que nous fassions la dernière partie du parcours ensemble. De Gavarnie à Andorre le chemin est très long et la zone difficile d'accès depuis l'Espagne et encore plus depuis la France. C'est dommage car les massifs que j'aurais du traverser en Espagne sont parmis les plus beaux et les plus sauvages des Pyrénées. Mais ce n'est que partie remise. J'accomplirai ces deux semaines de randonnée dans un an ou plus.
En attendant, je vais mettre à profit le temps dont je dispose pour nettoyer mon équipement qui en a bien besoin et reposer mes jambes.

Le cirque de Gavarnie

vendredi 15 juillet 2011

Lac d'arratille - Gavarnie

Finalement la nuit était glaciale mais mon sac suffisamment sec pour que je n'ai pas froid.
Le vent a soufflé depuis 4h du matin et le ciel est complètement dégagé. Du coup ma tente est sèche. Ça me change.
Je démarre vers 8h30. Toutes les tentes environnantes ont déjà disparu avec leurs occupants. Je grimpe jusqu'au col d'Arratile pour basculer vers l'Espagne. Mon plus court séjour puisque je regagne la France au col suivant moins de 20 minutes plus tard.
Ensuite, c'est la descente vers le refuge des Oulettes de Gaube situé dans le cirque glaciaire du Vignemale. Le Vignemale (3219m) parait énorme depuis le refuge. Sa face s'élève verticalement du glacier au sommet.
Je monte vers la Hourquette d'Ossoue qui se situe sur l'épaule du Vignemale et bascule vers le refuge de Baysselance. Ce dernier est juste au pied de la voie principale pour l'ascension: le glacier d'Ossoue. Je vois des formes humaines descendre avec piolets et crampons. Ça n'a pas l'air difficile. Au loin, je vois le Monte Perdido dans le parc d'Ordessa et la brèche Roland au dessus de Gavarnie.
J'avale une crêpe au miel et j'entame une interminable descente sur Gavarnie. Depuis le refuge des Oulettes de Gaube je suis le GR10 et c'est une vraie autoroute. Mais le parcours est plus long que je croyais. J'arrive sur les hauteurs de Gavarnie vers 18h30. Je n'aurai pas le courage de monter vers le refuge des Espuguettes 500m plus haut. D'ailleurs je n'ai plus vraiment de courage pour continuer tout court. Les conditions météo que l'on annonce me dépriment. Il faut aussi que je trouve de nouvelles chaussures. Me semelles commencent a se décoller et les coutures du cuir à se déchirer. Je n'irai plus très loin avec elles.
Mon problème c'est que mon itinéraire plonge maintenant loin en Espagne et ça va compliquer fortement mon rendez-vous avec Eric vu le retard accumulé.
Je n'arrive pas à concilier tous ces problèmes et ça commence à me fatiguer. D'ailleurs, il est temps de dormir. On verra demain. Cette nuit je campe aux Granges de Holle, un refuge du CAF juste au dessus de Gavarnie.

Le lac du col d'Arratille

Le Vignemale


Le refuge de Baysselance
La vue vers Gavarnie. Au fond le Monte Perdido et la brèche de Roland
Le barrage d'Ossoue