lundi 4 juillet 2016

Estany del port de Caldes - Baqueira

Cette nuit fut incroyablement calme. Le vent léger de la soirée a disparu avec la nuit. Du coup, au réveil ma tente est totalement trempée du fait de la condensation de ma respiration et de la rosée. Il est vrais que je suis au milieu de tourbières. Il fait à nouveau un temps splendide. Je suis debout avant le soleil. Cela me permet d'admirer l'évolution de la lumière sur les sommets environnants. Je tente d'éponger l'eau sur la tente avec plus ou moins de succès. Un café bien chaud achève de me réveiller.
Je me remets en route vers 7h30. La température est parfaite mais elle va très bien tôt monter en flèche. Avec elle des cohortes de mouches.
La montée vers le Port de Caldes est finalement assez facile. D'autant qu'elle se fait en partie sur des névés dont la neige n'est pas glacée. C'est très agréable. J'aperçois trois isards à gauche du col. Ils me regardent puis décampent rapidement. Je m'arrête un instant au Port de Caldès.
Dans la descente, je croise des dizaines de randonneurs espagnols venant du refuge de Colomers. Ils sont en plein soleil et ça chauffe! Peu avant le refuge, j'aperçois des grimpeurs sur une petite parois. Les conditions pour l'escalade sont parfaites.
Je fais halte au refuge pour prendre de l'eau. Le gardien me confirme que la météo des prochains jours sera chahutée. Succession d'orages en perspective.
Je reprend le chemin en direction de la Bonaigua. La montée vers le Coth deth Tuc Gran de Sendrosa est horrible. Je suis en plein soleil et entourré d'une nuée de mouches. Le sac me semble tellement lourd. Finalement, je débouche sur le col. La vue est à nouveau splendide. Je pense apercevoir l'Aneto derrière moi.
Je descend vers la Pleta de Saboredo à un bon rythme. Mes pieds chauffent mais rien de grave. Je suis le chemin sans trouver l'embranchement permettant de rejoindre directement la piste de Baqueira. Encore un chemin disparu. Comme mon détour s'allonge, je finis par décider de couper à travers tout. Je réaliserai plus tard que le sentier fait juste un détour par le refuge de Saboredo. En attendant, je descend pleine pente au milieu des hautes herbes, des rochers et des tourbières. Pas très prudent mais terriblement ennivrant. Je finis par rejoindre la piste avec force de détours.
Les deux premiers kilomètres de cette piste sont vraiment pénibles. Ce ne sont que d'énormes cailloux instables. De quoi se tordre facilement une cheville si l'on n'est pas attentif. Je marche donc avec prudence. Je débouche finalement sur un petit parking. C'est de là que les randonneurs accèdent au parc en venant du haut du Val d'Aran. La piste est maintenant beaucoup plus praticable. Mon allure augmente. J'arrive au Sentier qui remonte vers le port de la Bonaigua. 300 mètres d'ascension que je n'ai pas vraiment envie d'affronter. D'autant que les moyens de transports du Val d'Aran ne montent pas jusque-là. Il faudrait donc que je descende en stop.
Je continue donc sur la piste 7 kilomètres de plus pour rallier Vaqueira. Là je prend le bus jusqu'à Bossost où je me fais copieusement rincer par un orage en attendant qu'un automobiliste ait la gentillesse de me faire franchir le col du Portillon pour rejoindre Luchon. J'y arrive vers 19h30, fourbu par cette longue journée de marche.

Ici s'achève ce périple de 3 jours. J'avais prévu d'en faire bien d'avantage mais je me suis rendu compte au fil des heures de marche que continuer dans ces conditions ne me donnait plus assez de plaisir. Si un jour je décide de terminer cette traversée, ce ne sera plus seul ni aussi chargé. Ce ne sera pas non plus avec un timing trop serré et une distance trop ambitieuse. Il est temps de remettre le plaisir au centre.

Névé vers le Port de Caldès
Estany del Port de Caldès
L'arrivée de Port de Caldès
Lac Deth Port de Caldès
Lac Major de Colores. A droite le refuge de Colomers
Refuge de Colomers
Lac Major de Colomers
La vue vers l'ouest depuis le Coth deth Tuc Gran de Sendrosa
La vue vers l'est depuis le Coth deth Tuc Gran de Sendrosa. Au fond de la vallée à gauche le Val d'Aran.

dimanche 3 juillet 2016

Estanh de Rius - Estany del port de Caldes

J'ai finalement passé une bonne nuit et aucun garde n'est venu me jeter dehors. Tant mieux.
À 6h30, je jette un œil dehors. Le temps est magnifique. Ça me met du baume au cœur mais mon envie d'aller de l'avant reste bien mince. Ma tente est sèche et il n'y a presque plus de vent. Je me dis que c'est un signe qu'il faut au moins que j'essaie de rallier le port de la Bonaiga. Il y a là-bas une route qui redescend dans le Val d'Aran et passe par Vielha. Je pourrai donc encore choisir de poursuivre ou non.
Je me mets en route. Je longe l'Etanh Tort de Rius où j'envisageais de bivouaquer. L'endroit est grandiose. Je croise des campeurs occupés à lever le camp. Bon, finalement je n'étais sans doute pas dans le parc...
La montée vers le Colhada de Lac de Mar est assez dure car ce n'est qu'un amas de rochers. La vue au col est splendide mais je ne m'attarde pas trop. Je voudrais pousser jusqu'au refuge de Colomers et c'est à une dizaine de kilomètres.
La descente vers le Lac de Mar est vertigineuse. Environ 300 mètres avec quelques à pics. Plutôt stressants avec un sac de 17 kilos sur le dos! Je longe le lac sans voir personne si ce n'est une marmotte qui déguerpi en me voyant.
Dans la descente vers le refuge de La Restanca, je croise plusieurs promeneurs dont un couple de français. Je peux enfin discuter un peu. Les espagnols c'est pas trop ça. Ils ne parlent généralement ni français ni même anglais et mon espagnol est pour le moins limité. Je profite donc de l'occasion. Ils viennent de Clermont-Ferrand et séjournent à Luchon. Madame me dit adorer l'endroit. Ils ont pris la navette qui leur permettra de repartir ce soir. Je me dis que je devrais faire pareil mais je reprend mon chemin.
J'arrive à la Restanca. Le lac en face du refuge incite à la baignade. Le refuge en lui même est plutôt moche. C'est souvent le cas en Espagne. Je prends de l'eau et je repars.
Je souffre à nouveau dans la montée. Le Lac deth Cap deth Port est très beau mais je poursuis. Je passe un premier col et décide de rallonger en faisant une boucle pour contourner le suivant. Trop absorbé par la beauté du lieu, je ne réalise pas que je me trompe de chemin. Tout était si bien balisé jusqu'à maintenant. Bref, je suis 150 mètres trop bas et un bon kilomètre et demi trop loin. Moi qui me disais que l'arrivée au refuge allait déjà être difficile... Je remonte et coupe à travers tout pour éviter d'allonger mon détour. Ici, je suis vraiment dans le parc et sortir des chemins n'est pas autorisé. Tant pis... Au bout de 45 minutes, je n'en peux plus. J'ai bien rejoint le chemin mais je ne suis plus en mesure de gravir le dernier col. C'est à nouveau des blocs de rochers. Ça va pas le faire. Je cherche un endroit discret à nouveau. Je finis par en trouver un. Pas trop d'eau de qualité à proximité. L'occasion de tester mon nouveau filtre. Je plante la tente, mange ma tambouille au milieu des mouches puis me mets au lit. J'espère que la nuit sera calme. J'ai vraiment besoin de récupérer.

Estanh de Rius
Estanh Tort de Rius
Estanh Tort de Rius
Estanh de Rius et Estanh Tort de Rius depuis le Colhada de Lac de Mar
Colhada de Lac de Mar
Lac de Mar
Era Restanca

Refuge de La Restanca face à l'Era Restanca

samedi 2 juillet 2016

Refugi de Conangles - Estanh de Rius

Bon, cette première journée est un véritable enfer. Tout avait pourtant bien débuter... A la descente du bus, trois voitures m'ont permis de rejoindre assez vite l'Espagne. Ensuite, j'ai pris un bus jusqu'à Vielha ou j'ai très vite trouvé une voiture pour me monter au parking de Conangles, à la sortie sud du tunnel de Vielha, l'endroit même où nous sommes arrêtés avec Eric, il y a deux ans. Le temps est partiellement couvert et plutôt froid. Je pars d'un pas peu confiant. Mon sac est très lourd et malgré ma préparation, je me rends vite compte que je ne suis pas en forme. Bon, c'est sans doute la fatigue de mes 20 heures de voyages dont 4 de sommeil. Néanmoins, mon pas ralenti de plus en plus. Je sens que ça va être dur. Les quelques personnes que je croise ne sont pas très causantes. Du coup, j'appelle Aude pour lui communiquer mon désaroi. Je lui dis que j'ai vraiment du mal et que j'envisage déjà de redescendre. Elle me dit tout ce qu'il faut pour me remonter le moral et ça marche. Je finis par repartir mais c'est toujours aussi dur. Je débouche finalement à l'estanh de Rius. Lac magnifique serti dans un écrin de rochers parsemés de névés. Je ne suis qu'à 2340 mètres et il y a encore beaucoup de neige. Heureusement, il ne fait pas trop froid. J'espérais aller beaucoup plus loin ou au moins au refuge de la Restanca mais ce ne sera pas possible. Du coup, je cherche un endroit discret. Je ne sais pas si j'ai déjà franchi les limites du parc national mais si c'est le cas, le camping est strictement interdit. Tant pis... Je plante donc la tente puis me prépare à manger mais sans la moindre conviction. Comme il est très tôt mais je que je suis vraiment claqué, je m'allonge dans la tente avec l'intention de dormir. Pas moyen, je ne cesse de penser à cette ascension d'à peine quelques 900 mètres. Je me rends compte que je n'ai tiré aucun plaisir de cette ascension, ni même de ce bivouac au bord du lac. Je crois bien que je me suis mis trop la pression à vouloir à tout prix clôturer cette aventure. L'envie semble m'avoir totalement déserté. Je repense à ma discussion avec Aude qui me disait de prendre une bonne nuit de sommeil et de de voir comment tout cela évoluera demain matin. Sages paroles...

Estanh de Rius

vendredi 1 juillet 2016

Descente vers l'Espagne

Je suis en route pour Vielha avec l'intention de clôturer cette traversée. Mais d'abord 1000km de route jusqu'à Toulouse où je prendrai le train puis le bus, puis auto-stop. Courte nuit en perspective...