Cette nuit fut particulièrement agitée. Il
a plu presque sans discontinuer depuis environ 23h. Autant dire que nous n’avons
pas beaucoup dormi.
A 7h il fait heureusement plus calme. Je
sors de la tente dans les nuages mais sans la pluie. Nous déjeunons au calme.
Tous nos compagnons de route dorment encore sauf notre amie catalane qui
s’agite dans sa tente. Nous levons le camp alors qu’elle embarque ses affaires.
Nous passons deux ponts de bois qui
enjambent les deux barrancos au carrefour des vallées de Añes Cruzes et de
Chistau. C’est ici que nous empruntons l’itinéraire sud de la HRP par le parc
naturel Posets-Maladetta. En passant par le nord nous repasserions en France
pour un parcours nettement plus acrobatique et plus haut au long des refuges de
la Soula et de Jean Arlaud. Je préfère éviter d’autant que je ne connais pas
les conditions d’enneigement et que nous ne sommes pas très équipés.
L’ascension vers le col de Chistau est
assez aérienne au début mais nous prenons rapidement de l’altitude. L’endroit
est plutôt glissant avec la pluie de la nuit. Il faut redoubler de prudence.
Les 500 mètres sont assez vite avalés. Au col, nous croisons des espagnols qui
viennent du refuge d’Estos. Nous faisons quelques photos mais nous ne trainons
pas. Il ne fait pas chaud.
Dans la descente c’est la pluie qui
s’invite. Elle va nous arroser jusqu’en bas. La vallée d’Estos est très longue
et le dénivelé assez imposant : 1350m. A mi-chemin nous faisons halte au
refuge d’Estos. Nous en profitons pour prendre un thé avec notre amie catalane
tout en nous séchant un peu.
Sur les cartes du refuge je montre à Eric
la partie à parcourir demain. Il me dit qu’il ne pense pas être capable de
tenir le dénivelé et la distance. Il préfère passer par la vallée et la route.
Ca me fait un coup au moral mais je comprends bien qu’il est sans doute plus
prudent de faire comme cela. Le parcours sera très accidenté avec deux cols
empierrés et une très longue descente. J’ai mal de tête mais je ne trouve rien
pour le calmer.
Finalement, nous continuons notre descente
vers le camping Aneto juste au dessus de Benasque. Arrivés là nous faisons le
point. Il y a une navette qui peut nous conduire jusqu’au refugio de Coronas.
Mais Eric préfère rester sur son idée de passer par la vallée. Je continue donc
seul en profitant de la navette afin d’arriver avant 20h et de pouvoir
récupérer de la nuit dernière. 10,10€ pour 7km! C’est plutôt pas bon marché
mais je rattrape le temps perdu et j’évite 560m d’ascension.
Au refuge, je retrouve Marcel, le catalan
du premier jour qui nous a aussi dépassé ce matin. Il se moque de moi parce que
je suis venu en véhicule plutôt qu’à pied. Je ne suis pas seul, trois jeunes
aragonnais étaient aussi dans le bus. Il est vrai qu’eux ne font pas la
traversée des Pyrenées. Un sixième homme est assis à l’entrée du bâtiment. Il
va s’installer à l’écart pour dormir dehors sous sa toile de tente. Vu la
proximité avec le torrent je trouve qu’il est courageux.
Nous mangeons chacun notre tambouille et
nous échangeons quelques informations devant le feu ouvert. L’un des jeunes
espagnols est originaire de Benasque et parle assez bien français. Il me
confirme que la journée de demain sera belle.
L’exubérant Marcel se met au lit à 20h30 après
de longs étirements et je fais pareil. Les trois jeunes discutent à l’extérieur.
La nuit va être bonne!










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