vendredi 22 août 2014

Cabane de Añes Cruzes – Refugio de Coronas (Pescadores)

 Cette nuit fut particulièrement agitée. Il a plu presque sans discontinuer depuis environ 23h. Autant dire que nous n’avons pas beaucoup dormi.
A 7h il fait heureusement plus calme. Je sors de la tente dans les nuages mais sans la pluie. Nous déjeunons au calme. Tous nos compagnons de route dorment encore sauf notre amie catalane qui s’agite dans sa tente. Nous levons le camp alors qu’elle embarque ses affaires.
Nous passons deux ponts de bois qui enjambent les deux barrancos au carrefour des vallées de Añes Cruzes et de Chistau. C’est ici que nous empruntons l’itinéraire sud de la HRP par le parc naturel Posets-Maladetta. En passant par le nord nous repasserions en France pour un parcours nettement plus acrobatique et plus haut au long des refuges de la Soula et de Jean Arlaud. Je préfère éviter d’autant que je ne connais pas les conditions d’enneigement et que nous ne sommes pas très équipés.
L’ascension vers le col de Chistau est assez aérienne au début mais nous prenons rapidement de l’altitude. L’endroit est plutôt glissant avec la pluie de la nuit. Il faut redoubler de prudence. Les 500 mètres sont assez vite avalés. Au col, nous croisons des espagnols qui viennent du refuge d’Estos. Nous faisons quelques photos mais nous ne trainons pas. Il ne fait pas chaud.
Dans la descente c’est la pluie qui s’invite. Elle va nous arroser jusqu’en bas. La vallée d’Estos est très longue et le dénivelé assez imposant : 1350m. A mi-chemin nous faisons halte au refuge d’Estos. Nous en profitons pour prendre un thé avec notre amie catalane tout en nous séchant un peu.
Sur les cartes du refuge je montre à Eric la partie à parcourir demain. Il me dit qu’il ne pense pas être capable de tenir le dénivelé et la distance. Il préfère passer par la vallée et la route. Ca me fait un coup au moral mais je comprends bien qu’il est sans doute plus prudent de faire comme cela. Le parcours sera très accidenté avec deux cols empierrés et une très longue descente. J’ai mal de tête mais je ne trouve rien pour le calmer.
Finalement, nous continuons notre descente vers le camping Aneto juste au dessus de Benasque. Arrivés là nous faisons le point. Il y a une navette qui peut nous conduire jusqu’au refugio de Coronas. Mais Eric préfère rester sur son idée de passer par la vallée. Je continue donc seul en profitant de la navette afin d’arriver avant 20h et de pouvoir récupérer de la nuit dernière. 10,10€ pour 7km! C’est plutôt pas bon marché mais je rattrape le temps perdu et j’évite 560m d’ascension.
Au refuge, je retrouve Marcel, le catalan du premier jour qui nous a aussi dépassé ce matin. Il se moque de moi parce que je suis venu en véhicule plutôt qu’à pied. Je ne suis pas seul, trois jeunes aragonnais étaient aussi dans le bus. Il est vrai qu’eux ne font pas la traversée des Pyrenées. Un sixième homme est assis à l’entrée du bâtiment. Il va s’installer à l’écart pour dormir dehors sous sa toile de tente. Vu la proximité avec le torrent je trouve qu’il est courageux.
Nous mangeons chacun notre tambouille et nous échangeons quelques informations devant le feu ouvert. L’un des jeunes espagnols est originaire de Benasque et parle assez bien français. Il me confirme que la journée de demain sera belle.
L’exubérant Marcel se met au lit à 20h30 après de longs étirements et je fais pareil. Les trois jeunes discutent à l’extérieur. La nuit va être bonne!


Le ciel plombé au sortir de la tente

Le col de Chistau

Notre amie catalane

Eric sur les derniers mètres

Vue du col en direction d'Estos

Un joli pierrier

La pluie commence à tomber en descendant du col

L'équipement anti-pluie est de rigueur

La vallée d'Estos peu avant le refuge






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