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| Estanh de Rius |
De Hendaye à Banyuls. Récit de ma traversée partielle des Pyrénées de juillet 2011 à juillet 2017.
samedi 2 juillet 2016
Refugi de Conangles - Estanh de Rius
Bon, cette première journée est un véritable enfer.
Tout avait pourtant bien débuter... A la descente du bus, trois voitures m'ont permis de rejoindre assez vite l'Espagne. Ensuite, j'ai pris un bus jusqu'à Vielha ou j'ai très vite trouvé une voiture pour me monter au parking de Conangles, à la sortie sud du tunnel de Vielha, l'endroit même où nous sommes arrêtés avec Eric, il y a deux ans.
Le temps est partiellement couvert et plutôt froid. Je pars d'un pas peu confiant. Mon sac est très lourd et malgré ma préparation, je me rends vite compte que je ne suis pas en forme. Bon, c'est sans doute la fatigue de mes 20 heures de voyages dont 4 de sommeil. Néanmoins, mon pas ralenti de plus en plus. Je sens que ça va être dur. Les quelques personnes que je croise ne sont pas très causantes. Du coup, j'appelle Aude pour lui communiquer mon désaroi. Je lui dis que j'ai vraiment du mal et que j'envisage déjà de redescendre. Elle me dit tout ce qu'il faut pour me remonter le moral et ça marche. Je finis par repartir mais c'est toujours aussi dur. Je débouche finalement à l'estanh de Rius. Lac magnifique serti dans un écrin de rochers parsemés de névés. Je ne suis qu'à 2340 mètres et il y a encore beaucoup de neige. Heureusement, il ne fait pas trop froid. J'espérais aller beaucoup plus loin ou au moins au refuge de la Restanca mais ce ne sera pas possible. Du coup, je cherche un endroit discret. Je ne sais pas si j'ai déjà franchi les limites du parc national mais si c'est le cas, le camping est strictement interdit. Tant pis... Je plante donc la tente puis me prépare à manger mais sans la moindre conviction. Comme il est très tôt mais je que je suis vraiment claqué, je m'allonge dans la tente avec l'intention de dormir. Pas moyen, je ne cesse de penser à cette ascension d'à peine quelques 900 mètres. Je me rends compte que je n'ai tiré aucun plaisir de cette ascension, ni même de ce bivouac au bord du lac. Je crois bien que je me suis mis trop la pression à vouloir à tout prix clôturer cette aventure. L'envie semble m'avoir totalement déserté. Je repense à ma discussion avec Aude qui me disait de prendre une bonne nuit de sommeil et de de voir comment tout cela évoluera demain matin. Sages paroles...
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