Cette nuit fut très humide et le réveil ne l'est pas moins. La moustiquaire et l'intérieur de la toile extérieure sont trempés du fait de notre propre respiration. Le simple fait de sortir de nos sacs de couchages les couvre de gouttes d'eau. Nous profitons d'une accalmie pour sortir et ranger le matériel avec nos ponchos pour tenter de garder nos sacs au sec. J'avale un petit-déjeuner frugal avec un café. Benjamin se contente de boire de l'eau.
Nous partons calmement alors qu'il se remet à pleuvoir légèrement. La pluie ne nous mouillera que très peu tout au long de la journée mais l'ambiance est très humide. Nous suivons la piste qui monte vers Montgarri. En chemin nous prenons de l'eau à une petite source en plein pré. Des plants de menthe poussent autour et parfument agréablement l'athmosphère.
Au parking des Bordes de Perosa nous jetons un œil aux plans afin de trouver une alternative intéressante à la piste. Il y a bien le camino de la libertad qui fut emprunté par les juifs fuyant la France pour se rendre en Espagne mais il nous ferait remonter à plus de 2500m avant de redescendre vers la France ou vers Mongtgarri. Trop risqué pour les genoux de Benjamin et puis le temps ne s'y prête pas trop. Les sommets sont dans les nuages et tout est rendu glissant par la pluie. Nous optons pour suivre un GR de l'autre côté du torrent. L'idée s'avère très bonne puisque le cadre devient splendide. J'ai l'impression d'être au Canada... Nous débouchons sur un pré et decouvrons un groupe d'une bonne trentaine de vautours s'attaquant au cadavre d'une vache. Elle vient d'être déposée là par un 4x4 qui nous a dépassé dans la montée. Notre présence fait fuir la plupart des oiseaux sauf cinq un peu plus téméraires. Ils finiront par déguerpir lorsque nous serons à quelques dizaines de mètres. Le cadavre est à peine marqué. Le festin n'a pas encore commencé. Nous poursuivons notre chemin jusqu'à revenir sur la piste. Là nous rencontrons une française d'une soixantaine d'années qui remonte seule vers Montgarri à défaut d'avoir pu passer par les sommets à cause du temps. Elle vient de Meurthe et Moselle et marche d'un bon pas. Elle m'explique qu'à l'âge de la retraite elle a fait le GR10 en deux fois et que depuis elle passe des semaines à randonner seule en montagne. Elle vient avec son mari qui la conduit dans leur petit camping-car. Lui n'est pas du tout intéressé par la marche mais se charge de l'intendance. Nous montons avec elle jusqu'à Montgarri. L'endroit à des allures de village fantôme avec ses maisons de pierres sans toit et envahies par les plantes. Ne restent que quelques bâtiments entiers dont une magnifique église richement décorée et le refuge qui la jouxte en face d'une très belle coure en pizé.
Nous dégustons un verre et Benjamin me propose de prendre un repas. Il commande des œufs au bacon et j'opte pour une assiette de fromages locaux.
Nous demandons si il est possible de planter la tente à proximité ou si il existe des cabanes ouvertes. Le barman nous renseigne une cabane trois kilomètres plus loin sur un GR remontant vers la France. Nous suivons son conseil et remontons une vallée étroite avant de déboucher sur une magnifique prairie creusée par deux torrents au confluent desquels se dresse la cabane. L'endroit est parfait. Nous séchons la tente ainsi que le reste de nos affaires humides. Le temps s'éclaircit et j'en profite pour me laver dans le torrent. C'est froid mais ça fait un bien fou! Nous prenons l'apéro avec des restes des fromages de ce midi et du saucisson. Ensuite, soupe et repas lyophilisé. Il est temps de monter à l'étage pour profiter d'une bonne nuit de sommeil.
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