dimanche 24 juillet 2011

Porteille de Rotja - abri Pinatell

La nuit fut mauvaise dans cet abri métallique. Le vent a souflé avec force. Mon sac de couchage humide ne m'a pas aussi bien protégé du froid qu'il l'aurait pu. Au réveil, un grand soleil illumine l'intérieur de l'abri. Je suis sur un col. Du coté est, une mer de nuage s'étend jusqu'au massif suivant que je présume être en Espagne. A l'ouest j'aperçois une vallée peuplée de chevaux.
Il fait toujours glacial. Je déjeune rapidement et je lève le camp. Je n'ai pas encore décidé de mon parcours du jour mais j'aimerais passer le Canigou. Ça commence facilement par un chemin de crête jusqu'au refuge du Pla de Guilem. Il est en pente douce presque tout le temps. J'avance bien. Deux randonneurs catalans, les premiers humains que je rencontre depuis un peu moins d'une journée, me recommandent d'être prudent car un Patou autoritaire garde efficacement son troupeau un peu plus loin. Je fais un détour et je n'aperçois même pas le troupeau.
Plus bas je tombe sur le berger en grande conversation avec des randonneurs accompagnés de deux ânes. Il leur explique notamment les mesures à prendre pour éviter de fâcher son Patou.
Je descend jusqu'au refuge des Mariailles pour demander des conseils sur l'itinéraire à suivre pour franchir le Canigou sans perdre trop de temps. Le gardien me sert une assiette de charcuteries et fromages puis me donne tout un tas de variantes mais me déconseille l'itinéraire des crêtes mentionné par Véron avec un tel vent. J'opte pour passer par le sommet qui se trouve au sud du Canigou légèrement en contre-bas puis descendre pleine pente à l'est et obliquer quelques centaines de mètres plus loin afin de rejoindre le GR10.
Mon assiette terminée, je grimpe à toute vitesse jusqu'au refuge d'Arego. Je ralenti le rythme afin de ne pas m'essoufler dans la pente qui se fait plus forte. J'attaque l'itinéraire bis. Chouette, il est bien balisé au début. Je passe un col et j'aperçois le mer. Je hurle de joie "la mer, la mer, la mer". J'atteins le sommet mais je ne vois presque pas le Canigou, pourtant tout près, tant il y a des nuages. A regret, je quitte le balisage et pique au sud-est. La descente est très forte et il n'y a aucune traces de passages. Ça aurait certainement plu à Georges Véron. Des Izards peu habitués à voir quelqu'un passer par là me regardent interdits avant de détaler à toute allure.
J'arrive enfin en bas. Près de 1000m d'ascension et au moins autant en descente mais l'après-midi n'est pas finie. Je dois encore longer les flancs du Canigou pendant 4km pour rejoindre l'abri Pinatell. Mes jambes et mes pieds commencent à me faire comprendre qu'ils n'en peuvent plus. Je tangue sur un chemin étroit mais heureusement assez plat.
L'abri apparait derrière un tournant. Il est tout neuf et tout en bois. C'est une vraie merveille. Il y a même un petit barbecue et une table extérieure. C'est certainement le plus bel abri que j'ai vu depuis le début de ma traversée. Je fais une rapide toilette puis passe à table. Que du bonheur cet endroit.
Cette journée est certainement l'une des plus longue en nombre de kilomètres parcourus.

La mer de nuage devant l'abri

L'abri du Porteille de Rotja
Le massif du Canigou

La vue en direction du massif du Carlit (à droite au loin)

Sur les flancs du Canigou, la vue vers la mer et Perpignan


Le Canigou dans une demi éclaircie

1000m plus bas, vue vers la méditerranée
L'abri du Pinatell ***







Perpignan vu depuis la fenêtre de l'abri vers 23h





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